Catégorie : L’éthique et les principes de conception

12 principes de la permaculture, théorisés par D. Holmgren

– 1er principe / Observer et interagir :

« Une conception réussie nécessite une relation libre et harmonieuse avec la nature et les hommes. D’une observation attentive et d’une interaction réfléchie naissent l’inspiration, le répertoire et les structures. Ce processus ne peut naître dans l’isolement : il lui faut une interaction continue et réciproque avec le sujet »

En gros, on ne peut pas piller indéfiniment la planète sans rien lui donner en retour et toutes les sources d’inspiration existent dans la nature!

Le regretté JM. Pelt a défini le concept « d’associativité » repris dans un très beau livre : « le monde a-t-il un sens ». Il nous dit en résumé, c’est toujours de l’association que naît la création et il le démontre depuis le big bang jusqu’à nos organisations sociétales !

Masanobu Fukuoka qui lui, a développé dans l’agriculture au Japon, la philosophie du non agir ( qui ne veut pas dire ne rien faire), écrit dans un magnifique ouvrage intitulé « la révolution d’un seul brin de paille » :

Il convient de :« Poursuivre son sujet dans la totalité et ne jamais oublier que la totalité comprend à la fois ce que l’on connaît, mais aussi ce que l’on ne connaît pas ».

Or quel bel apprentissage que celui de l’observation attentive!

 

– 2 :  Capter et stocker l’énergie

Énergie entendue au sens large : l’alimentation est énergie, les semences, le solaire, l ‘éolien, la biomasse, l’eau de ruissellement…

En ce sens par exemple, les forêts sont des gisements fabuleux d’énergie. La reconstitution intelligente de forêts à cycle lent sera un héritage exceptionnel à laisser à nos enfants.

 

– 3: Obtenir une production

l’objectif n’est pas seulement de discourir, mais de vivre, pour cela il convient de produire.

 

– 4:  Appliquer l’autorégulation et accepter la rétroaction

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre et admettre qu’une société qui consomme chaque année 2 à 3 fois ce que la planète offre comme disponibilités réduit considérablement son espérance de vie !.

 

– 5: Utiliser et valoriser les ressources et les services renouvelables.

L’eau, le vent, le soleil, sont à disposition…

 

– 6 : Ne produire aucun déchets

Tout peut être revaloriser !

 

– 7 : La conception des motifs aux détails

Pour simplifier, c’est le credo de l’association Attac, également utilisé par de très nombreuses organisations dites altermondialistes : « penser global, agir local »

 

– 8 : Intégrer au lieu de ségréguer

Le problème c’est la solution !! Chacun trouvera avec ce 8ème principe, les applications dans tous les autres domaines, notamment celui très actuel de l’immigration…

 

– 9 : Utiliser des solutions lentes et à petite échelle

Soit mettre en place des solutions que l’on maîtrise et les élargir petit à petit. Il n’existe pas de solutions universelles !

 

– 10 : Se servir de la diversité et la valoriser

C’est une des clés de la résilience

 

– 11:  Utiliser les bordures et valoriser la marge.

La petite phrase qui suit ce principe est très explicite… « emprunter les sentiers battus ne signifie pas être sur le bon chemin »… en d’autres termes sortons des dogmes et cadres établis pour construire pas à pas SON chemin.

 

– 12: Face au changement, être inventif

Le passé est le passé ! Il n’est pas question de l’oublier pour éviter de recommencer les erreurs, mais, forts de cette richesse, il convient désormais d’inventer, de sortir des schémas de pensées communément répandus.

Il convient aussi de faire confiance à la jeunesse. Certes la jeunesse n’est pas toujours raison, mais l’expérience n’est pas toujours la meilleure solution. En revanche l’association des 2 est source d’inventivité.

Vous pouvez retrouver le développement de tous les points évoqués dans l’ouvrage cité largement dans cette partie : « Permaculture , Principes et pistes d’actions pour un mode de vie soutenable »de David Holmgren aux ed . Rue de l’échiquier.

Les ouvrages de Bill Mollison sont également complémentaires…

Vous pouvez retrouver de nombreuses informations sur le site de Brin de paille : http://asso.permaculture.fr/

Qu’est-ce que la permaculture ?

En Anglais c’est la contraction de « permanent culture » qui se traduit facilement en : culture permanente.

« Ce terme a été inventé par 2 Australiens, Bill Mollisson et David Holmgren dans le milieu des années 1970 pour décrire «  un système intégré et évolutif d’espèces végétales et animales pérenne, ou s’auto-pérennisant, utiles à l’homme ».

Selon une définition plus actuelle, reflétant l’élargissement du concept, ce sont «  des paysages élaborés en toute conscience, qui imitent les schémas et les relations observés dans la nature et fournissent nourriture, fibres et énergie, pour subvenir aux besoins locaux » l’individu, son habitat et son mode d’organisation sont au centre de la permaculture. La permaculture voulait mettre en place une agriculture permanente (et soutenable), elle vise maintenant une culture permanente (et soutenable). »

Ces propos ne sont pas les nôtres, ce sont ceux de David Holmgren dans son livre intitulé : « permaculture » principes et pistes d’action pour un mode de vie soutenable ».

Yves Cochet (ancien ministre de l’environnement et parlementaire Européen) qui préface ce livre écrit ceci « Plus qu’une technique agricole, la permaculture est une vision des sociétés de demain, les nôtres, qui seront confrontées à l’évolution des régimes énergétiques et climatiques. La permaculture n’est pas seulement une autre façon de jardiner : c’est une façon de concevoir et d’agir sur le monde, un changement philosophique et matériel global, en même temps qu’un ensemble de stratégies de résilience face aux métamorphoses, sinon aux effondrements qui s’annoncent ….

A contre courant des mythologies techniciennes, la permaculture est une forme de low tech, par opposition aux hight tech, elle propose une panoplie d’outils qui redonne de l’autonomie aux usagers tandis que les hautes technologies maintiennent sous perfusion énergétique nos sociétés techno-industrielles». Fin de cit.

Pour résumer si cela est possible, la permaculture est la conception d’écosystèmes soutenables fonctionnant comme une boucle énergétique qui produit plus d’énergie qu’elle n’en dépense. Les humains sont au cœur de cette « boucle énergétique ».

La permaculture est donc un concept qui mêle de manière indissociable: philosophie – méthode -science. C’est une approche holistique qui va un peu à contre courant de l’Université et du milieu scientifique qui n’apprécient pas que des non, voir ultra spécialistes, empiètent sur leurs domaines de sciences dites dures…mais cela évolue…

L’aspect Philosophique repose sur 3 principes éthiques fondamentaux :

Prendre soin de la terre.

Prendre soin des hommes et donc, de soi-même.

Partager équitablement les surplus.

La permaculture est aussi une méthode car avec cette approche, après 4 décennies de mises en œuvres avec succès dans différente fermes, communautés humaines et sites de par le monde (ex. Zepp Holzter https://www.youtube.com/watch?v=p64xS5Pn1gw ) , et sur la base d’observations précises et documentées, David Holmgren et Bill Mollison ont  théorisé des grands principes de la conception permaculturelle.

Science car la permaculture s’appuie sur les connaissances acquises, des plus anciennes aux plus récentes, car elle apporte une contribution très importante à l’évolution des techniques pour construire ce monde soutenable auquel elle aspire et parce que la recherche et les découvertes à faire en ce sens sont sans limites.Toutes les expériences et tentatives menées par les « permaculteurs » de part le monde sont un apport considérable à cette science.

Le symbole de cette conception.

C’est une fleur à 7 pétales : la fleur permaculturelle

fleur-permaculture-complete-couleur

 

Chaque pétale symbolise un domaine

Ces pétales sont liés par un cœur qui représente les principes éthiques évoqués .

« Une spirale part de ce cœur et souligne les liens entre ces domaines au niveau individuel et local, puis collectif et global.

Quant à la structure en toile d’araignée de cette spirale, elle montre la nature incertaine et changeante de ce processus d’intégration » dixit Holmgren.

Ce symbole ouvre sur l’approche holistique du concept, la «  pensée systémique » ou « pensée conceptuelle » Tout est lié !

 

Commentaires personnels

Quand vous interrogez un « permaculteur »  sur la meilleur façon de procéder la réponse commence très souvent par « ça dépend »…

Bien sûr, çà dépend, de son objectif, de ses moyens, du lieu où l’on vit, du temps dont on dispose et de tellement d’autres choses….qui font la singularité de chacun.

Alors, avant d’agir, mais, bien sur, dans le but d’agir, il convient de prendre le temps d’observation et de réflexion au regard de son rêve, de mêler tout çà aux réalités qui sont celles de chaque individu, puis de mettre en œuvre la démarche « imiter la nature », soutenue par une méthode, garante des principes éthiques indispensables.

Cette démarche en permaculture s’appelle : Le design

La graine buttée vous accompagne dans cette démarche design (Cf. page pro. du site)

Concomitamment à mes recherches et travaux en permaculture, j ‘ai lu un texte magnifique écrit par 9 intellectuels Antillais « le manifeste pour les produits de hautes nécessite » et à sa lecture, presque chaque ligne me renvoyait à cette notion d’autonomie, selon moi, indispensable aux hommes, qui commence bien sûr par l’autonomie alimentaire mais qui, bien au-delà, est le fondement des valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.

David Holmgren écrit ceci : « il nous faut être autonomes, sensibilisés et informés, efficaces et au clair avec nos valeurs pour déclencher les changements structurels et institutionnels qui s’imposent ».

« L’autonomie est impalpable, informelle : difficile alors de déterminer son efficacité dans la fragilisation de systèmes économiques (devenus) dangereux et dysfonctionnels (et qui oppriment tant d’individus). Cette invisibilité de l’autonomie, peut empêcher les individus de prendre conscience du pouvoir qu’ils ont entre les mains, mais elle peut réduire à néant les efforts des médias, des entreprises, des pouvoirs publics qui cherchent à traquer, à contrôler et à subvertir des processus qui vont à l’encontre de leurs intérêts » fin de cit.

Attention: Autonomie ne veut pas dire autarcie et encore moins solitude et isolement !!

L’approche permaculturelle propose une méthode crédible pour qu’un grand nombre d’individus, de groupes d’individus, voir, soyons fous, de peuples retrouvent une forme d’autonomie en simple qualité d’Êtres humains libres.

Ce que je veux dire enfin, c’est le bonheur simple que procure l’harmonie avec la nature, le privilège et la joie de faire pousser ses légumes et de nourrir les siens et le plus de monde possible, de produits sains et respectés, d’utiliser des circuits économiques courts associant le maximum d’intervenants locaux et, l’expérience le prouve, créateurs d’emplois, moins énergivores, plus conviviaux…

Les méthodes de permaculture peuvent s’appliquer tranquillement dans son bout de jardin comme dans son entreprise ou dans sa ville, et ceux qui la pratique , parfois même, comme Jourdain sa prose, aime à partager…leur semences, leurs productions, mais aussi une multitude de trucs et astuces inventés ou retrouvés qui rendent la vie plus belle. Le Web foisonne d’informations.

Dans les 7 pétales de la fleur perma, le pétale « gestion de la terre et de la nature » est sans doutes celui sur lequel le retour d’expérience est le plus important en quantité (l’agriculture est l’une des pratiques les plus anciennes), mais également en impact pour aller vers l’autonomie.

Pour ceux qui voudrons aller plus loin, je vous invite à regarder le travail d’un certain Joseph, à Rouen, qui, avec des méthodes permaculturelles sur un jardin de 150 m² arrive à produire toute l’année, fruits et légumes pour une famille de 3 personnes.http://www.monjardinenpermaculture.fr/pages/le-jardin-de-150-m2-de-joseph-chauffrey

Je vous invite également à regarder les travaux fournis par « la ferme du Bec Helloin » en Normandie,qui, en collaboration avec l’INRA et Agrotech Paris, démontre que, sur une surface de 1000 m² il est possible d’obtenir une production représentant un CA annuel de 50 K€ avec une personne à temps plein…http://www.fermedubec.com/

Il se sont beaucoup appuyés sur les méthodes des maraîchers de Paris au XIXè siècle qui, avec des parcelles de 5 à 6000m2 en cœur de ville ou travaillaient ardemment 6 ou 7 maraîchers, réussissaient à fournir toute la population Parisienne, en fruits et légumes frais toute l’année. Il se sont aussi inspiré des peuples premiers. Ces méthodes se sont perfectionnées grâces au progrès de la science et de la technologie, mais restent d’une étonnante ingéniosité.

Il ne labourent plus la terre, il gèrent aux mieux les rotations de cultures qui peuvent aller de 3 à 7 par an, il recherchent les meilleures associations de plantes, légumes et animaux. Aucun déchet, tout est recyclé sur place pour nourrir la terre ou les animaux.

 

Dans une organisation inspirée des principes de permaculture,

Chaque élément répond à plusieurs fonctions.

Chaque fonction contient plusieurs éléments : c’est le principe des systèmes interactifs, ils s’appliquent à l’ensemble de la fleur Permaculturelle, soit, à l’ensemble des organisations systémiques.

La conception est fondée sur le besoin pas sur les solutions déjà existantes , c’est aussi un moyen de créer la diversité.

La permaculture insiste sur les aspects positifs et sur les perspectives .Elle donne espoir !!

Alors, en ces temps ou la peur, le repli sur soi, la violence, la cupidité inondent notre quotidien, il est préférable de mettre l’accent sur les perspectives et notamment celles que propose cette approche de Culture permanente, plutôt que sur les obstacles.

Ensemble, construisons un « Demain » heureux pour nos enfants…

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